#SaharaOccidental, El Guarguarat: l’armée de la RASD hisse le drapeau sahraoui sur la côte atlantique

  
Après avoir entamé des poses sur la côte atlantique, l’armée sahraouie vient de franchir une nouvelle étape qui va sans doute attirer les foudres de l’occupant marocain. Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux (voir ci-dessous), des membres de l’armée sahraouie en faction à la région de El Guarguarat ont hissé au cours de cette semaine le drapeau de la république sahraouie sur une falaise surplombant les eaux atlantiques. Ce geste symbolique vient pour montrer la domination de l’armée de la république sahraouie sur toute la région de El Guarguarat.
Ce fait inédit couronne une série de mesures prise par le leadership du Front Polisario depuis la flagrante violation marocaine de cessez le feu. Il y’a lieu à rappeler dans ce sens qu’au mois août dernier, le Maroc avait franchi la zone tampon de El Guarguarat pour faire une extension routière vers la douane mauritanienne moyennant des véhicules militaires blindées. Les forces militaires sahraouies se sont intervenues pour mettre fin à cette énième provocation enregistrée comme une violation de l’accord 1 du cessez le feu signée en 1991 entre les deux parties, le Maroc et le Front Polisario. 
  
Depuis lors, le Front Polisario ne cesse de créer l’événement par ses multiples gestes visant à démonter sa domination complète sur toute la zone de El Guargarat jusqu’à la côte atlantique. 
Au premier lieu, l’armée sahraouie a avorté l’initiative marocaine de s’accaparer de cette zone tampon, et depuis, des éléments de l’armée sahraouie patrouillent régulièrement à la côte Atlantique où le président de la république sahraouie s’y rendu lui-même. 
La position rigoureuse des dirigeants du Front Polisario envers cette manœuvre marocaine et signe d’un message limpide à l’occupant marocain et la communauté internationale; les sahraouis se tiennent prêts à reprendre les armes si aucune perspective politique leur assurant leur droit à l’indépendance ne pointe à l’horizon.
Pour rappel, selon un rapport onusien, c’est à peine 120m est la distance qui sépare les forces des deux belligérants. Ainsi, des observateurs estiment que la situation au Sahara Occidental est sur le pied d’une nouvelle guerre.
  
 Khalil Asmar

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Les «fonctionnaires-journalistes» de la MAP sont-ils des espions?

 Un ancien article pour la mémoire

 

 Il y a le feu entre la MAP, l’agence de presse officielle du Makhzen, et la version francophone du site Lakome. Dans un article publié par ce site, le journaliste Christophe Guguen a rappelé une évidence mise en exergue par la Cour des comptes, à savoir le « manque d’objectivité et d’indépendance de l’agence de presse officielle ».
Que la MAP soit un appendice du Makhzen, ce n’est pas un scoop. Par contre ce qui est vraiment une révélation c’est que cette vérité élémentaire soit dite par un organisme d’Etat marocain, en l’occurence la Cour des comptes.
Mais il y a autre chose dans l’article de Lakome qui a chatouillé la sensibilité de la direction de la MAP : la dépendance de cette dernière à la DGED (Direction générale des études et de la documentation), les services secrets extérieurs du royaume dirigés par le copain du roi, Mohamed Yassine Mansouri. Et c’est cette allusion à l’un des fondements de la MAP qui a fait sortir de ses gonds la direction de cette agence de désinformation.
La réaction n’a pas tardé. Par la voix de son directeur de l’information, Adil Zaari Jabiri, la MAP a distribué à la presse marocaine une mise au point dans laquelle, outre de maladroites justifications, elle s’en prend à la condition d’« étranger » de Christophe Guguen. Comme si écrire sur le Maroc, et ses tares, relevait de la seule prérogative du journaliste marocain. La MAP semble ignorer que Othman Al Omeir, qui dirige le groupe Maroc Soir, une dépendance médiatique du Palais dont l’une des spécialités est de s’en prendre constamment au gouvernement islamiste d’Abdelillah Benkirane et à tous le dissidents marocains, est un sujet du roi Abdellah d’Arabie saoudite.
Mais, allons à l’essentiel. Pour M. Zaari Jabiri les fonctionnaires-journalistes de la MAP ne sont pas des « espions ». A cela, il faut répondre par des faits. Rien que des faits.
La trajectoire professionnelle de l’actuel directeur général de la MAP, Khalil Hachimi Idrissi, est assez connue pour qu’on n’en rajoute pas trop. Il faut juste dire que de Paris où il faisait des études d’histoire, alors qu’il s’intéressait plutôt aux histoires des autres pour le compte de certaines officines marocaines, à Casablanca où en tant que rédacteur en chef de Maroc hebdo, sous la houlette de son professeur et mentor Mohamed Selhami, Hachimi Idrissi a toujours fait autre chose que de l’information, publiant toutes les histoires sales qui affectent les politiciens, journalistes et hommes d’affaires qui n’étaient pas dans les bonnes grâces du régime.
On sait aussi comment a été monté le journal Aujourd’hui le Maroc, propriété du même Hachimi Idrissi et dont l’un des actionnaires n’est rien moins que la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), un établissement public, symbole du Makhzen économique, dont le rôle n’est pourtant pas de financer des journaux privés.
Voilà pour l’actuel directeur général de la MAP.
Pour la MAP elle-même, on semble oublier que l’actuel patron de la DGED, les espions marocains à l’étranger, Mohamed Yassine Mansouri, est un ancien directeur général de la … MAP. Et que plusieurs honorables correspondants de cette dernière à l’étranger ont été priés ces dernières années de quitter leurs postes sous peine d’expulsion. Le cas le plus retentissant est celui de Hafid Bakkali, l’ancien chef du bureau de la MAP à Nouakchott, expulsé manu militari par la Mauritanie pour faire autre chose que du journalisme…
Ce n’est pas connu du grand public, mais dans le cadre de son travail, l’agent de la MAP est appelé à rédiger deux textes sur le même sujet traité. Le premier est une dépêche courante et normale destinée au public, et le deuxième est une note d’information (N.I.) dans laquelle l’agent transcrit sans aucune autocensure tout ce qu’il a vu et entendu. Ces NI sont destinées aux services secrets et aux hauts responsables de l’Etat. Ce sont les seules « informations » rédigées par ces drôles de « fonctionnaires-journalistes » qui ne sont pas soumises à la censure puisqu’elles doivent impérativement transcrire fidèlement ce que les agents voient et entendent.
Si ce n’est pas de l’espionnage, c’est quoi alors ?
En 2007, dans une affaire opposant les deux agents de la MAP à Madrid, Mansour Madani et Saïd Ida Hassan au journaliste Ali Lmrabet, la Cour d’appel (Audiencia Provincial) de Madrid, a dans une sentence judiciaire historique, en se basant sur des informations publiées au Maroc et qui n’ont jamais été démenties au Maroc, reconnu que les liens entre la MAP et la DGED sont « suffisamment prouvés » [Voir copie jugement ci-dessous].
Si la Cour des comptes du royaume du Maroc estime que la MAP n’est pas une agence de presse fiable et objective, et si une cour de justice du royaume d’Espagne assure que cette agence est liée aux services secrets marocains, la MAP a un sérieux problème.

Demain online

NB: cet article date de 2013 

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Procès de #Gdeimizik: Un contingent des voyous royalistes lâché contre les manifestants sahraouis 

  
Sale, Maroc: Amine El Baroudi, (porte une casquette) leader des voyous royalistes en plein dispute avec des sahraouis lors du sit-in devant le tribunal

Au cours du procès des prisonniers politiques sahraouis groupe Gdeim izik qui s’est tenu ce Lundi 26 Décembre, une foule de sahraouis s’est rassemblée devant la cour d’appel de la ville marocaine Salé pour manifester contre le jugement des 24 sahraouis qui selon les autorités de l’occupation marocaine sont impliqués dans les événements sanglantes de Gdeim izik. 
Pour contrecarrer ce rassemblement pacifique de dénonciation contre toute une politique coloniale du Maroc au Sahara Occidental, le Makhzen, encore une fois, lâche ses voyous du fameux groupe “les royalistes” dirigés par leur leader psychopathe Amine El Baroudi en vu de semer la panique chez les nombreux manifestants sahraouis.
Pourtant, c’est pas la première fois que ces agresseurs, ex-criminels et malfaiteurs sont systématiquement incités et encouragés pour implanter le désordre et la zizanie tous azimuts contre les sahraouis.   
Dans une vidéo précédente mise en ligne sur Youtube (voir ci-dessous), leur leader Amine El Baroudi s’est même apparu avec un pistolet à la main menaçant de mort tous les indépandistes sahraouis sans que le Makhzen prend des mesures judiciaires contre un tel acte criminel. 

Au cours de ce sit-in des sahraouis devant le tribunal d’injustice marocain, il vient alors en compagnie de son contingent des voyous proférant des injures, se livrant à la provocation au vu et au su de la police sur place. Les sahraouis, par contre, n’en ont cure.  
Il est à rappeler que l’examen de l’affaire du procès des prisonniers politiques sahraouis est repoussé au 23 janvier. Avec la présence et le soutien d’une quarentaine d’avocats étrangers, la défense insiste sur leur libération immédiate. 

Khalil Asmar

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#Maroc: 43 AVOCATS INTERNATIONAUX EN SOUTIEN AUX MILITANTS SAHRAOUIS DE GDEIM IZIK

Le 26 décembre débutera le procès en appel des prisonniers politiques sahraouis de Gdeim Izik poursuivis par la justice marocaine. 24 militants et défenseurs des droits de l’homme Sahraouis arrêtés, torturés et condamnés en raison de leur participation présumée au camp de protestation de Gdeim Izik en 2010. 42 avocats français, belges, espagnols, suisses et américain les soutiennent.
 
  Photo: Salé/Maroc: les presonniers politiques sahraouis dans le tribunal militaire marocain 

Le 26 décembre débutera le procès en appel des prisonniers politiques sahraouis de Gdeim Izik poursuivis par la justice marocaine. 24 militants et défenseurs des droits de l’homme Sahraouis arrêtés, torturés et condamnés en raison de leur participation présumée au camp de protestation de Gdeim Izik en 2010, une mobilisation collective spectaculaire destinée à protester contre les discriminations économiques et sociales dont les Sahraouis s’estiment victimes de la part du gouvernement marocain.
Le 16 février 2013, les 24 accusés avaient été condamnés par un tribunal militaire à de très lourdes peines à l’issue d’un procès inéquitable. Les juges avaient refusé d’entendre les témoins cités par la défense, d’ordonner une expertise médico-légale concernant les allégations de torture et n’avaient pas mentionné les noms d’agents des forces de l’ordre marocains supposément tués par les accusés.
Au-delà des violations graves des droits de l’homme subies par les prisonniers de Gdeim Izik, leur procès en l’état actuel caractérise de nombreuses violations du droit international humanitaire.
Le Sahara occidental est considéré par les Nations unies comme un territoire non autonome, occupé par le royaume du Maroc depuis 1975. Cette occupation est illégale, le Maroc n’étant pas reconnu par les Nations unies comme la puissance administrante.
Le droit international humanitaire devrait donc s’appliquer au Sahara occidental, comme pour la Palestine. Les 24 Sahraouis condamnés dans le cadre du procès de Gdeim Izik sont des personnes protégées au sens de l’article 4 de la quatrième Convention de Genève et devraient en tant que telles se voir appliquer les protections prévues par le droit international humanitaire.
En contradiction flagrante avec le droit international et les nombreuses résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations unies, le royaume du Maroc refuse de reconnaître au Sahara occidental le statut de territoire non autonome.
En conséquence, le Maroc rejette l’application du droit international humanitaire sur ce territoire, bien qu’il soit partie aux Conventions de Genève. Toute référence à l’occupation marocaine expose son auteur à des poursuites judiciaires et à des mesures de rétorsion pouvant aller en pratique jusqu’à la torture.
Les prisonniers politiques de Gdeim Izik qui vont être rejugés par la Cour d’appel de Rabat revendiquent le respect de la quatrième Convention de Genève. Nous, avocats des accusés, rappelons que le droit international humanitaire impose a minima :
le dessaisissement de la Cour d’appel de Rabat au profit d’un tribunal situé en territoire occupé

leur transfert immédiat dans une prison située dans le territoire occupé

une enquête indépendante et sérieuse sur les tortures, mauvais traitements, détention arbitraire

Dans un contexte répressif hostile à toute mise en cause de l’occupation, les avocats marocains des accusés ne peuvent pas demander l’application du droit international humanitaire comme le voudraient leurs clients. C’est pourquoi, à la demande des détenus, nous constituons un collectif international d’avocats pour porter les revendications légitimes de nos clients et nous assurer qu’ils bénéficient, cette fois-ci, d’un procès équitable.
Les droits de la défense et la liberté de parole des avocats sont une des pierres angulaires des régimes démocratiques. Nous espérons que ces droits seront respectés lors du procès de Gdeim Izik.
Signataires :
Véronique van der Plancke, Belgique

Oscar Abalde Cantero, Espagne

Nicolás Alonso Moreda, Espagne

Alberto Justo Angoitia López, Espagne

Andrea Bartomeu Navarro, Espagne

María Dolores Bollo Arocena, Espagne

Juan Ramón Crespo Aguilar, Espagne

Iñigo Fernández-Rivera Becerro, Espagne

Merche Garayalde, Espagne

Eleuteria García García, Espagne

Ander Gutiérrez-Solana Journoud, Espagne

Iñigo Iruretagoiena Agirrezabalaga, Espagne

Javier Ruiz García, Espagne

Julio Sánchez González, Espagne

Imanol Sáenz Mendizabal, Espagne

Aida Garazi Arraibi Larrea, Espagne

María Elena Crespo Arce, Espagne

Xabier Etxebarria Zarrabeitia, Espagne

Katlyn Thomas, Etats-Unis

Olfa Ouled, France

Ingrid Metton, France

Joseph Breham, France

Anis Harabi, France

Dominique Tricaud, France

Matteo Bonaglia, France

Emmanuel Daoud, France

Benjamin Pitcho, France

Richard Sedillot, France

Christophe Pettiti, France

Tewfik Bouzenoune, France

Marie Roch, France

Aline Chanu, France

Roland Weyl, France

Pascale Taelman, France

Oumayma Selmi, France

Francesca Doria, Italie

Luca Saltalamacchia, Italie

Roxane Sheybani, Suisse

Olivier Peter, avocat, Suisse

Stéphanie Motz, Suisse

Carlo Sommaruga, Suisse

Philippe Currat, Suisse

Raphaël Jakob, Suisse
Source: Acat France 

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Le Maroc et le Polisario sur le pied de guerre à Guerguerat

   

 

Le jour, une poignée de casques bleus de la Minurso (contingent des Nations unies au Sahara occidental) s’interposent entre les gendarmes marocains et les hommes en armes du Front Polisario distants de 120 mètres. La nuit, plus personne ne sépare les deux groupes armés qui se font face depuis bientôt quatre mois à Guerguerat, à l’extrême Sud du Sahara occidental dans un no man’s land d’à peu près cinq kilomètres entre le mur militaire marocain et la frontière de la Mauritanie.

Depuis le cessez-le feu de 1991 entre le Maroc et le Front Polisario, qui se disputent cette ancienne colonie espagnole, jamais la tension n’a été aussi vive entre les deux adversaires, ni le risque d’une reprise des hostilités aussi élevé.

Acte 1 : les Marocains franchissent le mur à Guerguerat

L’histoire commence le 14 août 2016 quand des hommes du génie civil marocain escortés par des gendarmes franchissent le mur à Guerguerat et commencent à goudronner la piste, par où circulent des camions, qui mène à la douane mauritanienne. Dix jours plus tard, la wilaya de Dakhla confirme l’opération entreprise par le Maroc visant « à garantir la sûreté et la sécurité des usagers de cet axe routier (…) ». Dans un communiqué, elle précise aussi qu’il s’agit de « nettoyer » la zone et de « mettre fin aux activités de contrebande ».

Le Polisario frappe alors à toutes les portes, celle de la Minurso et de Christopher Ross, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, pour leur demander de stopper le goudronnage qu’il considère comme une violation de l’accord du cessez-le feu de 1991. Ce dernier interdit toute activité militaire dans cette zone. Il espère que la Minurso va réagir comme elle le fit il y a 15 ans en arrêtant un projet similaire du Maroc. Il n’en sera rien.
Les indépendantistes sahraouis soupçonnent le Maroc de chercher, à travers le goudronnage, à asseoir son emprise sur cette zone qu’ils considèrent comme faisant partie des « territoires libérés ». L’absence d’autorités dans cette frange saharienne a permis que s’y développent toutes sortes de trafics.
Le précédent Lagouira

Rabat n’en est pas à son premier coup à Guerguerat. Elle a déjà tenté, d’après des sources diplomatiques arabes non marocaines, de mettre la main, en décembre de 2015, sur la bourgade abandonnée de Lagouira, située à l’extrême Sud du Sahara occidental et à quelques encablures de Nouadhibou, la deuxième ville de Mauritanie.

En effet, le 12 décembre 2015, trois « poids lourds » marocains -le ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar, le chef du service secret (DGED), Yassine Mansouri et le commandant de la zone Sud, le général Bouchaib Arroub- rendent visite à Nouakchott au président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz.
Leur but était de convaincre Abdelaziz de remettre Lagouira au Maroc. Après tout, cet ancien village de pêcheurs avait déjà été sous contrôle marocain depuis l’annexion, par Rabat en 1979, de la partie mauritanienne du Sahara occidental, jusqu’en 1989. Le roi Hassan II avait alors cédé aux supplications du président Maaouiya Ould Sid Ahmed Taya pour que les Marocains se retirent provisoirement de la ville et éloignent ainsi la guerre de Nouadhibou d’où partent les exportations mauritaniennes.
La rencontre de Nouakchott, en décembre 2015, n’a pas dû bien se passer. Quelques jours après sa tenue, les Mauritaniens ont hissé leur drapeau dans la bourgade et des patrouilles militaires ont circulé dans les ruelles désertes. Rabat protesta en janvier 2016 et le chargé d’affaires mauritanien fut convoqué au ministère des Affaires étrangères, selon le quotidien marocain Akhbar al Yaoum.
Acte 2 : le Polisario prend l’initiative sur le terrain

Le deuxième épisode de cette affaire semble se jouer maintenant à Guerguerat. La Minurso fit la sourde oreille aux appels du Polisario. Farhan Haq, porte-parole adjoint de l’ONU, alla jusqu’à dire, le 18 août, qu’aucun matériel militaire marocain n’avait été détecté au-delà du mur. Or, juste après, un rapport confidentiel du Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU, dévoilé par l’agence américaine Associated Press, signalait cependant que le Maroc avait bel et bien violé le cessez-le-feu.

La guérilla indépendantiste prit alors l’initiative sur le terrain. Elle envoya, le 28 août au petit matin, une trentaine d’hommes armés –aujourd’hui ils dépassent la centaine – bloquer l’opération de goudronnage lancée par le Maroc, commettant à son tour une violation du cessez-le-feu. Quelques heures après, les casques-bleus réagirent enfin. Ils s’interposèrent entre les deux anciens belligérants pendant la journée. Faute de moyens ils ne purent le faire pendant la nuit.
La diplomatie se mobilisa elle aussi. Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, exprima le 29 août sa « préoccupation » et demanda aux deux parties le retrait de « tous les éléments armés et le retour au statu quo ». Le « numéro deux » de la diplomatie espagnole, Ignacio Ybañez, appela Rabat et Rabouni (siège de la direction du Polisario) pour leur demander de « faire preuve de retenue ». Il fit cette démarche au nom du Groupe des amis du Sahara occidental à l’ONU qui comprend l’Espagne et tous les membres permanents du Conseil de sécurité sauf la Chine.

Réunion du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité se réunit, à son tour, le 9 septembre. Certains de ses membres « alertèrent du risque d’escalade », selon le « think-tank » Security Council Report, mais « la France, le Sénégal et l’Espagne mirent en garde contre une réaction excessive » de l’ONU, ajoute-t-il. Les puissances proches du Maroc empêchèrent donc toute réaction.

Kim Bolduc, qui dirige le contingent des Nations unies au Sahara, entreprit cependant une médiation. Elle demanda aux deux partie de se séparer jusqu’à 300 mètres et proposa que ce soit la Minurso, et non pas les Marocains, qui termine le goudronnage de la piste. Le Polisario refusa net. « Cela voudrait dire que l’ONU se chargerait de mener à bien un projet marocain qu’elle-même a considéré auparavant comme une violation du cessez-le-feu », argumenta Ahmed Boukhari, représentant du mouvement indépendantiste à New York.
Satisfait d’avoir bloqué la percée marocaine à Guerguerat, le Polisario a poussé le bouchon plus loin. Il a envoyé, d’après l’ONU, ses hommes armés à Bir Lehlou et à Mijet, deux hameaux de cette frange du Sahara qui n’est pas contrôlée par le Maroc. Le leader indépendantiste, Brahim Ghali, s’est même rendu au bord de l’océan Atlantique, quelque part dans ce no man’s land entre le mur marocain et Lagouira. Aucun responsable du Polisario n’y avait mis les pieds depuis un quart de siècle. La presse marocaine accuse d’ailleurs Nouakchott d’avoir été complice de cette « randonnée provocatrice ».

Renforts marocains dans le sud du Sahara

Plus récemment les combattants sahraouis se sont mis à construire en dur face aux marocains « pour se protéger en cas d’agression », selon Mohamed Khaddad, le coordinateur du Polisario avec la Minurso. Le général marocain Arroub a répondu en informant l’ONU qu’il ordonnait l’envoi de renforts dans la zone sud du Sahara, mais ils ne devraient pas franchir le mur. Des sites proches du Polisario ont montré, le samedi 17 décembre, des photos de chars de combat marocains prises au téléobjectif.

Pour le moment, le mouvement indépendantiste ne contrôle ni le contenu ni la documentation des camions qui, entre la douane marocaine à Guerguerat et celle mauritanienne cinq kilomètres plus au sud, traversent la position qu’il a établi fin août. Ses responsables laissent cependant entendre que si les gendarmes marocains, que viennent visiter régulièrement des officiers des Forces armées royales, ne rebroussent pas chemin, ils pourraient se mettre à inspecter les véhicules et à tamponner les passeports des chauffeurs routiers avec le sceau de la République arabe sahraoui démocratique (RASD).
« Une telle éventualité risquerait (…) de ramener le conflit à la période d’avant le 6 septembre 1991 », c’est-à-dire à la guerre, prévenait Le 360, le journal marocain en ligne plus proche du palais. Même si l’armée marocaine ne ferait qu’une bouchée des guerrilleros sahraouis, il est peu probable qu’elle se lance dans une opération coup de poing. « Dans le contexte du retour [du Maroc] au sein de l’Union africaine cela serait un argument offert à ses détracteurs », signale le journal marocain en ligne Le Desk.
En découdre avec le Maroc

Les responsables du Polisario ne sont pas mécontents de la tournure prise par les événements. D’une part ils ont réussi à stopper l’opération marocaine ; leur nouveau leader –Ghali a été élu en juillet dernier à la tête du mouvement- a montré du muscle en s’exhibant aussi au bord de l’Atlantique, d’autre part. Ils espèrent enfin que cette tension va donner une certaine visibilité à un conflit oublié et inciter le Conseil de sécurité à se mêler de l’affaire en obligeant Rabat à reprendre les négociations. Pour attirer l’attention de la communauté internationale, certains indépendantistes rêvent même d’en découdre avec le Maroc, mais c’est là une décision qu’ils ne peuvent prendre sans le feu vert de l’Algérie.

Le Maroc, lui, veut continuer son goudronnage et étendre son contrôle sur le sud du Sahara, mais il ne souhaite pas que le contentieux saharien soit, comme dans les années quatre-vingt, placé sous les feux de la rampe. Cela pourrait nuire à sa tentative de réintégrer l’Union africaine ou même redonner à l’ONU un plus grand rôle alors qu’il a cherché à réduire sa présence. Pour preuve, Rabat a expulsé en mars dernier 80 agents de la branche civile de la Minurso et même si, en juillet, elle a fini par accepter leur retour, moins d’un tiers est aujourd’hui revenu au Sahara.
Les amis du Maroc à l’ONU évitent eux aussi de donner la moindre publicité à l’affrontement larvé qui se déroule à Guerguerat. Sur les sites des ministères des Affaires étrangères français et espagnol on trouve toutes sortes de communiqués sur les sujets les plus divers, mais pas un seul récent sur le Sahara ou le Maroc.
L’Espagne, qui préside en décembre le Conseil de sécurité, n’avait programmé aucune séance sur le sujet. À la demande d’autres pays membres une réunion s’est finalement tenue le 13 décembre, mais la présidence espagnole s’est abstenue de donner à la presse la moindre information sur son déroulement, selon le journal en ligne Inner City Press spécialisé dans la couverture de l’ONU.
Si, par hasard, une étincelle finissait par mettre le feu aux poudres à Gueguerat la responsabilité incomberait à ceux qui se font face sur le terrain, mais aux puissances qui à New York ont empêché que l’ONU joue pleinement son rôle au Sahara.  
Ignacio Cembrero 

Pour: TSA 

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L’ONU condamne le Maroc pour torture contre un détenu sahraoui

  
Le traitement qu’ont réservé les autorités marocaines au prisonnier sahraoui Ennaâma Asfari lors de son arrestation, de son interrogatoire au commissariat, puis à la gendarmerie de Laâyoune, constituent des faits de torture en raison de leur gravité, a indiqué le Comité des Nations unies contre la torture, appelant à l’indemnisation équitable du prisonnier par le Maroc.
Conformément au paragraphe 4 de l’article 22 de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, le Comité des Nations unies contre la torture affirme que les déclarations du plaignant (Ennaâma Asfari), selon lesquelles les sévices physiques qu’il a subis lors de son arrestation, de son interrogatoire au commissariat, puis à la gendarmerie de Laâyoune, ainsi que le traitement subi pendant son transfert en avion afin de lui extorquer des aveux constituent des actes de torture en raison de leur gravité, affirme le Comité dans sa décision datée du 12 décembre .
Le Comité note que «lors de ses audiences du 12 novembre 2010, 12 janvier et 12 août 2011, Asfari s’est plaint du traitement subi, mais le juge d’instruction n’a pas tenu compte de ses informations et de ses blessures et n’a pas sollicité la réalisation d’une expertise médicale».
Le Comité indique en outre que «les dires du plaignant selon lesquels ces violences, ayant entraîné chez lui des souffrances aiguës durant plusieurs mois, constituent une violation de l’article 1 de la Convention».
L’instance onusienne rappelle sa jurisprudence qui stipule que toute personne privée de liberté doit bénéficier d’une assistance juridique et médicale prompte et indépendante, et doit pouvoir prendre contact avec sa famille afin de prévenir la torture.
Tenant en compte que, selon Asfari, n’a eu droit à aucune de ces garanties et en l’absence de réponses convaincantes de l’Etat partie (Maroc), le Comité «considère que les sévices physiques et blessures subis par le plaignant pendant son arrestation, interrogation et détention constituent, tels que présentés, des actes de torture au sens de l’article 1 de la Convention», a-t-on relevé.
Le Comité prend note «les plaintes de la victime faisant état des signes visibles des traces de coups et de sang sur le visage devant le juge d’instruction militaire le 12 novembre 2010, qui n’a pas consigné ces faits dans le procès-verbal, que l’auteur a ensuite expressément dénoncé les tortures subies devant le juge d’instruction le 12 janvier et le 12 août 2011, que ces mêmes allégations ont été soulevées devant le tribunal militaire en présence du procureur et qu’à aucun moment le procureur n’a diligenté une enquête», argumente la Comité.
Le Comité relève, par ailleurs, qu’aucun examen médical n’a été requis par le juge d’instruction militaire alors que Asfari présentait manifestement des traces de violence physique et qu’aucune enquête n’a été menée à ce sujet.
Le Comité relève aussi que e Maroc «a rès largement dépassé les délais raisonnables pour rendre justice dans le cas du requérant : près de 6 ans se sont écoulés depuis les faits et la présentation des premières allégations de torture, et aucune enquête n’a été ouverte. La cassation n’a rien changé à cette situation et le requérant est toujours détenu sur le seul fondement de ses aveux signés sous la contrainte».
Le Comité relève que «le requérant a fait l’objet de menaces, suite à la plainte par le ministère de l’Intérieur marocain, et que son avocat a été arrêté et déporté du Maroc en mars 2016, alors qu’il venait représenter son client dans le cadre des procédures en lien avec la dénonciation des actes de torture qu’il aurait subis».
Le Maroc «n’a apporté aucune information susceptible de réfuter cette partie de la communication», le Comité conclut que les faits de l’espèce constituent également une violation de l’article13 de la Convention.
Le Comité rappelle que la réparation doit impérativement couvrir l’ensemble des dommages subis et englobe la cessation, l’indemnisation, ainsi que des mesures propres à garantir la non-répétition des violations, en tenant toujours compte des circonstances de chaque affaire.
Naâma Asfari, détenu au Maroc depuis 2010 où il purge une peine de 30 ans de prison, a été arrêté avec 22 autres militants pour l’indépendance du Sahara Occidental.
R. I. 

A.P

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#France : CARASO demande au président de l’Assemblée Nationale d’agir pour la justice au Sahara Occidental

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Plus que des mots, le Comité d’Action et de Réflexion pour l’Avenir du Sahara occidental (CARASO) demande au Président de l’Assemblée Nationale Mr. Claude Bartolone d’agir. Dans une lettre adressée à ce dernier le Vendredi 26 Novembre, le président du CARASO exhorte cet institut hexagonal d’organiser “une conférence internationale en France sur la question du Sahara Occidental” 

Cette demande, la première de son genre d’une organisation qui défend le droit inaliénable des sahraouis à l’autodétermination, intervient quelques semaines après l’entretien de Claude Bartelone accordée à l’APS, et dont lequel il souligne que face au souci de la stabilité et le développement, la France soutient une solution juste, durable et mutuellement agréée, sous l’égide des Nations Unis.

La stabilité et le développement dans cette région ne peut en aucun cas se concrétiser sans la résolution de la question du Sahara Occidental conformément aux résolutions pertinentes onusiennes. 

 

Un rôle clé 

Dans ce sens, et vu son rôle historique dans les enjeux autour de la question sahraouie, le président du CARASO demande que la France contribue activement pour trouver une solution à cette affaire de décolonisation. 

Au sein d’une telle zone stratégique, cette contribution permettra l’ouverture de nouveaux horizons de paix et de stabilité pour réaliser un développement participative en harmonie avec les véritables intérêts de la France, des pays de la région et les aspirations réelles de ses peuples. 

Ainsi “l’organisation d’une conférence internationale en France sur la question du Sahara Occidental, marquée par votre empreinte, permettra non seulement de contribuer à la recherche d’une solution juste et durable mais aussi de redonner à la France l’initiative dans une zone stratégique essentielle pour son prestige, son influence et ses intérêts nationaux» a-t-il martelé 

 

Une situation alarmante

Dans sa missive destinée au chef de l’Assemblée Nationale Française, le président du CARASO fait rappel aux derniers développements de la cause sahraouie. Il souligne que ” Le peuple Sahraoui vit depuis plus de 40 ans d’exil, d’occupation et de vie dans des conditions extrêmement difficiles. En dépit de cela, il continue de croire dans la voie pacifique pour résoudre le conflit par la voie démocratique à travers un référendum d’autodétermination conformément aux résolutions pertinentes onusiennes” 

Le président du CARASO note à ce point que rien de concret n’a était achevé, rappelant la responsabilité de l’ONU dans l’organisation du référendum longuement promis pour permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination et l’indépendance.

 

Pour rappel, la situation humanitaire des réfugiés sahraouis et celle des droits de l’homme aux territoires occupés du Sahara Occidental ne cessent de dégénérer. Sur le terrain, la zone de El Guarguarat peut à chaque instant virer vers des affrontements militaires entre l’armée sahraouie et les troupes envahissantes des forces d’occupation marocaine. 

La lettre du CARASO, entre autres, a pour objectif de sensibiliser les responsables politiques français de la situation alarmante au Sahara Occidental et les ramifications dangereuses dont elle risquera d’engendrer si la France ne s’investit pas dans la restauration de la justice et la légitimité internationale au Sahara Occidental. 

 Khalil Asmar

 

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