Le think thank européen ECFR : « le Maroc a besoin de l’aide et de la pression internationale sur la monarchie » 


Publié avant le référendum sur la constitution par l’influent Think Tank, The European Council on Foreign Relations (ECFR) qui compte parmi ses dirigeants l’ancien secrétaire général de l’OTAN l’espagnol Javier Solana et l’allemand Joschka Fischer ancien ministre des affaires étrangère, le rapport met l’Union européenne face à ses responsabilités vis-à-vis de la monarchie marocaine. 

«Bien que le Maroc soit généralement considéré comme un pays plus stable, plus avancé et plus démocratique que beaucoup d’autres pays d’Afrique du Nord, il pourrait lui aussi connaître des troubles», écrivent Susi Dennison, Nicu Popescu et José Ignacio Torreblanca, les trois auteurs de ce rapport de l’ECFR.
La tactique du roi


Pour eux, une révolution de type égyptien ou tunisien n’est pas d’actualité au Maroc, «les marocains se sentent de plus en plus frustrés par le vernis démocratique de leur pays. Ils réclament aujourd’hui davantage de limites au pouvoir royal ainsi que la fin de la corruption et du clientélisme. En somme, les Marocains veulent un roi qui ‘’règne mais ne gouverne pas”, comme le résume le slogan du mouvement du 20 février», constate les chercheurs de ce think thank européen.

Ces derniers qualifient le régime marocain de «monarchie autoritaire». La possibilité d’évoluer progressivement vers une démocratie constitutionnelle est sur la table. «Pour autant, les jeux ne sont pas encore faits. Même si le mouvement s’est amplifié, il ne semble pas encore menacer le roi Mohammed VI au point de l’obliger à céder une partie importante de ses pouvoirs en créant de véritables institutions démocratiques», tempère l’équipe de l’ECFR.
La réforme constitutionnelle est pour les auteurs «un jeu tactique du roi. Dans l’immédiat, ni lui ni son entourage ne semblent prêts à modifier de façon significative l’équilibre du pouvoir au Maroc». Cette situation met l’UE face à des défis très différents de ceux rencontrés en Egypte et en Tunisie.
«L’UE doit maintenant utiliser l’influence considérable dont elle dispose au Maroc pour accentuer la pression en faveur d’une démocratie véritable. »
Le Maroc est un pays résolument tourné vers l’Europe, qui entretient des liens économiques et commerciaux très étroits avec les Etats de l’Union Européenne (UE) et qui accorde une grande valeur à son statut privilégié dans le voisinage de l’Europe méridionale. Pour ces raisons «L’UE doit maintenant utiliser l’influence considérable dont elle dispose au Maroc pour accentuer la pression en faveur d’une démocratie véritable. Elle doit débattre avec les mouvements de jeunes, y compris avec les islamistes, et proposer des conditions d’échanges commerciaux plus avantageuses». Sur ce plan, les auteurs recommandent que Bruxelles ratifie l’accord sur l’agriculture avec le Maroc, «ce qui constitue un pas en avant important vers ce que le Maroc réclame depuis longtemps : un meilleur accès aux marchés européens. L’UE doit prendre la tête de cette initiative». Toujours économiquement, les pays de l’UE doivent soutenir la «destination Maroc», spécialement suite à l’attentat de Marrakech fin avril, «une aide très importante doit être apportée à l’industrie touristique marocaine pour retrouver un climat de sécurité et de confiance», propose les trois chercheurs.
Selon eux, l’UE a tout intérêt à encourager des réformes politiques aujourd’hui afin de ne pas se trouver, d’ici quelques mois, face à une répression et une situation d’instabilité comme en Syrie. En conclusion, le Think Tank estime que «le Maroc a besoin de l’aide de la pression internationale sur la monarchie pour pousser cette dernière à accepter des réformes».
 

Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source 

Posted in Uncategorized | Leave a comment

(Video) Yeslem, the rapper from the 42 years long #WesternSahara refugee camps tells the story 


Yslem, the young Saharawi rapper, who was born in the Saharawi refugees camps, talks about his inspirations and motivations to write his lyrics and music for the Western Sahara’s cause. 
In 1975, the Saharawis took refuge in south west Algeria and set up four tent cities after having been chased out of their land by the extremly brutal invasion of Morocco military forces after the departure of Spain, the former colonial power. Morocco kingdom imposed a ruthless and unmerciful control of the territory where thousands of Saharawi civilians perished in prisons or in mass graves; a genocide where banned weapons of mass destruction were used in front of a silent world.
  
Yeslem describes the hardships and misery of an exiled nation that still lives in one of the most inhospitable places in the world, Lahmada desert area south west of neighbouring Algeria. He tries to raise awareness on this cause of global unjustice through his rap music that stems from the hardships of the refugee camps where he was born and brought up in. 

Posted in Uncategorized | Leave a comment

Res Turner, the French Rap Star who campaigns for a free #WesternSahara 

Res Turner on stage lifting the Saharawi republic flag during the “End of the Weak” national Rap competition 
The french Rap Impro star Res Turner dedicates his award as the best Rap Impro singer of 2017 in France to the Saharawi refugees and to their just cause for freedom and independence. The award ceremomy of the final round of “The End of the Weak”, a national competition in rap improvising which engulfed the best french rappers specialised in improvising the song lyrics, was an occassion for the french rapper to express his unwavering support to the Saharawi people dedicating his award to the refugees of Western Sahara.
The french rap impro star who is also a two times world champion, showed up on stage lifting the Saharawi republic flag, and in his public speech he expressed his firm solidarity with the heroic struggle of the Saharawi people who still suffer from the ongoing Moroccan occupation that has lasted for more than 40 years. He, subsequently, made an appeal to the public for the solidaritywith the Saharawi cause.
 

In 2015, Res Turner won the world champion  of Rap Impro in Canada and on stage he showed up with the Saharawi flag and made the same call of solidarity.

It should be noted that Western Sahara has been under the Moroccan military occupation since 1975. A portion of the Saharawi people fled to neighbouring Algeria for a safe heaven and the remaining portion has been under one of the most  brutal forms of occupation in modern history despite more than hundrerds of UN resolutions, International and European Courts of Justice call to Morocco to end the occupation. 

Posted in Uncategorized | Leave a comment

Le Makhzen et la leçon du Sahara Occidental pour le Rif 

El Hoceima: Des jeunes cagoulés, pierres dans les mains visant les forces policières marocaines 

Le site marocain “Yabiladi” vient de publier un scoop sur des confrontations sanglantes entre des manifestants et les forces de sécurité à El Hoceima; la ville marocaine qui connaît depuis plusieurs mois le “Hirak”, une mouvance populaire pacifique pour l’amélioration des conditions de vie des rifains; les autochtones de cette région nordique misent au placard depuis l’indépendance du Maroc en raison de leur caractère frondeur, leur irrédentisme et de leur aversion au régime monarchiste.
« Un groupe d’individus, dont certains étaient encagoulés, ont procédé, lundi à Al Hoceima, à des actes de provocation et à des jets de pierres à l’encontre des forces de l’ordre, causant des blessures à différents degrés à 39 éléments de ces forces ayant nécessité leur transfert à l’hôpital pour recevoir les soins », lit-on aussi sur l’agence officielle MAP, citant les autorités locales. 

 « Ces individus se sont également attaqués au service des urgences de l’hôpital provincial, causant des dégâts matériels à ses dépendances et à l’une des ambulances qui transportait deux éléments blessés des forces de l’ordre », ajoute-t-on de même source, précisant que « les deux blessés à bord de l’ambulance ont été agressés, ainsi que des éléments de la protection civile ».



Pourtant, le Hirak a passé plus de six mois de pacifisme sans aucune incident sanglante. En riposte, l’état au premier  lieu misait sur le pourrissement et l’enlisement de cette mouvance populaire, mais la persistance pacifique et civique des rifins débouche sur un embrasement généralisé de l’état marocain.

L’oppression hideuse s’avère la seule issue pour mettre un terme à cette mouvance, les manifestants sont brutalement réprimés et les leaders sont détenus dans les geôles du Makhzen. 

Le Hirak, en revanche, reste attacher aux principes du pacifisme, mais il semble que le régime monarchique de Rabat veut écorner la qualité civilisée de cette mouvance sociale. 
La leçon du Sahara Occidental


Les sahrouis depuis 2005 ont entamé une résistance pacifique dont plusieurs méthodes de lutte pacifiste sont mises en exergue et malgré la brutalité policière et militaire, les sahraouis avec une maturité exceptionnelle ont réussi à maintenir sa qualité pacifique. 

Néanmoins, le Makhzen a cherché par tous les moyens mesquins possible pour ternir l’image de la révolte des sahrouis; l’utilisation des agents secrets et des voyous à la solde du régime monarchique contre les forces policière pour, d’une part, donner une justification aux interventions musclée des forces d’occupation et d’autre part, piéger les sahraouie dans la spirale de la violence. Un traquenard que les sahrouis ont bien évité et leur résistance pacifique continue jusqu’à nos jours.  

Un policier qui aurait été blessé lundi dernier à Al Hoceima porte la radiographie d’une femme enceinte dévoilant les manigances du régime monarchique de Rabat 



C’est aussi la même stratégie que les forces du Makhzen viennent d’adapter dans le Rif ce lundi dernier dans les rues de El Hoceima; utiliser des agents et voyous aux ordres du palais royal pour ecorner la nature pacifique de la révolte des rifains et semer la zizanie et le désarroi dans les rues des villes et villages d’un Rif en plein mouvance pour la dignité et la liberté et donner, par conséquence, la légitimité aux interventions policières brutales contre les manifestants pacifiques rifains. 

Ce subterfuge makhzanien, qui s’avérait un fiasco tonitruant aux territoires occupés du Sahara Occidental, va-t-il donc réussir au Rif? 
Khalil Asmar

Twitter: Follow at  @Sahara_Voice 

Posted in Uncategorized | Leave a comment

Morocco’s state-based centers in the USA: The notorious  lobbyism for Western Sahara 

  

Chris Coleman is definitely the biggest stigma to Morocco diplomacy in modern times. His revelations have caused a collateral damage to this monarchical diplomatic machine that, in its wholistic concern, centers around defending its colonial project in Western Sahara. 

Within the same stream of divulging the secrets of Morocco core diplomatic tactics aiming at garnering support to its occupation of the Saharawi people’s land, this mysterious whistleblower has unveiled the shadowy zones that set in motion the lobbying taking place in the United States of America. 

Following the publication of one of his confidential documents, we closely learn about the maneuvers of the Moroccan American Center (MAC). The indiscretion was put forward by Chris Coleman on DROPOX site and then relayed through his twitter account which has been suspended several times.

Caught in its own trap, the Moroccan center hectically sent an email to claim property rights, forcing the DROPOX site to delete the document.
Story of a disguised lobbying
Morocco dived into the world of lobbying through organizations carrying anodyne names, such as the ‘Moroccan American Cultural Center’, ‘Moroccan American Trade and Investment Council’, and the ‘Moroccan American Center for Policy’, but in effect, they are no more than offshoots of the Moroccan American Center (MAC). While pretending to display the image of cultural organizations or independent NGOs, they are actually the Trojan horse to embellish the image of the medieval monarchical regime and to a large extent garner support for its occupation of Western Sahara. 
However, the MAC hasn’t been registered in the Foreign Agents Registration Act (FARA) until 2004, and since then it began using all means to accumulate support to the most delicate issue for the Moroccan kingdom, occupied Western Sahara. 

Straight after being registered, Morocco began a lavish funding on lobbyists so as to stay in the good graces of the American administration. According to FARA records, Morocco has employed nine lobbying firms since 2007 and spent about 20 million dollars, not counting the stuffed envelops handed under the tables as the case of Ahmed Charai; the Moroccan disguised secret agent acting as a journalist and who once got intercepted entering the US land with the possession of a considerable non-declared sum of money. 

What Rabat regime pays to US lobbying firms ranks it in top countries soliciting such service, even surpassing the petrodollar countries’ lobbying spendings. 
The MAC: defending the occupation at all costs
In the document classified confidential, we clearly understand why Morocco uses nine different lobbying firms. It is, in fact, to achieve a goal in which a specified firm is reputable to be its point of strength. The Moroccans ostensibly learned this tactic through recommendations of a lobbying agency with expertise in the stakes of lobbyism taking place in Washington DC. 
A simple overview of the document, we learn that Western Sahara was at the heart of the strategy of MAC in 2012 which subsequently had to be implemented through four campaigns. 

The first campaign was ‘the campaign of facts on the ground’ which aimed to set a roadmap for the implementation of the financial assistance that the USAID annually provides to the Moroccan government to cover the occupied territory of Western Sahara. However, that campaign turned into a fiasco because the US State Department was tasked to validate this decision after 90 days and ended by excluding the Saharawi lands.
The second campaign was titled ‘Close the Camps campaign’ setting as expected results to generate momentum in Washington to close the Saharawi refugee camps for security reasons and to condition US funds to UNHCR and WFP. Lobbying, as the document demonstrates, should be applied in a large-scale propaganda to slander the Polisario Front through main stream media and through some members of the American Congress tasked to falsely portray the collusion between the Polisario Front and the Islamist terrorism. Notwithstanding, Daniel Benjamin, the coordinator of the US State Department for Counterterrorism belied these allegations and described the reports stating links of the Polisario with AQMI as “spurious”
The third campaign was to champion Morocco as a model in the region in all spheres ranging from human rights to cooperation in security and the peaceful and democratic reform. In other words, transmuting the disgusting face of a dictatorial regime into a haven of democracy to hide its heinous crimes committed in Morocco and Western Sahara. 

The fourth campaign “the Ambassadors Rollout” was set to pave the way to the new Moroccan ambassador to address important audiences and, thus, promote campaigns relevant to specific audiences to relay Morocco’s expansionist thesis in Western Sahara.  
Viewing these campaigns, we can sum up that the Moroccan strategy of lobbyism in the USA is primarily aimed at defending its occupation of Western Sahara; a pain in the back of Rabat regime. The strategy of the MAC in 2012 puts in evidence the centralized and pathological obsession of Morocco’s foreign policy that seeks to maintain at all costs an occupation that, despite its higher price, remains counterproductive. 

Meanwhile, the millions of dollars that Morocco regime is frittering away still raise doubts of their suspicious sources. The recent report of the US Department labels Morocco as number one exporter of cannibis and that around the quarter of its PIB is generated from this drug trafficking.  

Often times, Morocco brags about its costly investments in occupied Western Sahara, but after the revelations of Chris Coleman we come to learn that the expenses Morocco talks about are rather squandered on lobbying, buying off journalists’ pens and diplomats’ conscience. The Saharawi natural resources are heavily plundered and stolen on a regular basis and the only thing that has been left to them is a hideous oppression and poverty. 

Yet, the question that still remains is what is the percentage of Morocco state-based drug trafficking reserved to selling the right to occupy Western Sahara? 
Khalil Asmar

Follow at @Sahara_Voice 

Posted in Uncategorized | Leave a comment

Un procès politique au Maroc : des idées simples et des propos caricaturaux

  

Première étape : en février 2013, un tribunal militaire condamne pour meurtres 23 civils sahraouis à des peines allant de 20 ans à perpétuité. Pas de témoins.

Pas de preuves (seulement des aveux obtenus sous la torture).
Pas de victimes identifiées, on parle de 11 morts parmi les forces de l’ordre marocaines, mais leur nom n’est même pas prononcé.
Pas d’autopsie des corps dont l’assassinat est évoqué.
Pas de parties civiles (on est dans un procès militaire, qui exclut les parties civiles).
En résumé : mépris des accusés, mépris des familles des victimes.
 
Pour un procès militaire, il n’est pas prévu d’appel sur le fond du jugement. La seule possibilité de recours, c’est la cassation.
Les avocats des accusés déposent leurs pourvois en cassation 10 à 15 jours après le jugement du tribunal militaire, soit fin février 2013.
Le code de procédure pénale marocain prévoit un délai maximal de 3 mois pour que la Cour de cassation donne sa réponse.
Cela mène à fin mai 2013.
Rien à cette date.
Rien à fin juin, ni à fin juillet, ni à fin décembre 2013.
Rien à fin décembre 2014, ni à fin décembre 2015.
Rien à fin mai 2016.
Puis, fin juillet 2016, 3 ans et demi après le procès militaire, la Cour annonce la cassation du procès de 2013 !
Pourquoi tout d’un coup ?
 
Peu de monde en doute : le Comité contre la torture (CAT) de l’ONU a annoncé courant de l’été que sa décision sur la plainte pour torture de Naâma Asfari, l’un des 25 accusés de Gdeim Izik, jugée recevable en septembre 2015, serait donnée en août. Une plainte qui vise le Maroc, signataire de la Convention contre la torture.
Bingo : avant août, la Cour de cassation marocaine casse le procès militaire de 2013. Ce jugement est annulé. Pas valable. C’est le Maroc qui le dit ! Les prisonniers sont donc, momentanément pour le moins, innocentés. Leur libération devrait s’ensuivre.
Mais rien.
 
Car la « manœuvre » marocaine a temporairement marché : le CAT repousse sa décision à la session suivante, en novembre 2016.
Fin août, les détenus sont transférés dans une autre prison à El Arjate, un endroit plus isolé et plus rude que leur précédente geôle. Les visites de leurs familles, déjà très compliquées du fait qu’elles habitent à plus de 1200 kilomètres de Rabat (au Sahara occidental), sont réduites à un jour fixe par semaine.
Par ailleurs, la motivation de la cassation met près de 3 mois pour arriver : en fait, les documents envoyés en octobre aux condamnés disent le manque de motivation du jugement de 2013, en d’autres termes, l’absence de preuves…
Et ils renvoient les accusés devant la cour d’appel de Rabat-Salé.
 
Un procès cassé implique, à l’occasion de son renvoi, de mener les enquêtes nécessaires pour faire apparaître la vérité. Et il y a de quoi : des allégations de tortures et mauvais traitements, physiques et/ou psychologiques, ont été énoncées par tous les accusés.
 
Le nouveau procès
Le nouveau procès s’ouvre le 26 décembre, reprend les 23-24-25 janvier, puis les 13-14 et 15 mars, sans que les expertises médicales annoncées n’arrivent… Il faudrait en outre qu’elles soient faites selon le protocole d’Istanbul qui permet d’enquêter efficacement sur la torture, ou contre-expertisées selon ce même protocole (produit par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies)…
 
On sent, de nouveau, le mépris pour les accusés et leurs défenseurs.
Le président du tribunal refuse de prendre les conclusions écrites (en arabe) des avocats français des détenus.
Ils sont sans cesse interrompus, quand on ne les insulte pas. On n’accepte pas qu’ils plaident en français alors que dans d’autres procès, avec le même président, les plaidoiries en français ont été admises…
Cela s’exprime encore par les remarques douteuses-fielleuses du même président qui, ne voulant pas entendre Maître Breham plaider en français, lui lance : « Je ne comprends pas l’hébreu, Maître Abraham… »
Cela s’exprime aussi par les ricanements des avocats marocains des parties civiles (même si le tribunal ne s’est toujours pas prononcé sur la recevabilité de leur constitution en parties civiles) lorsque Mohammed El Ayoubi évoque le viol qu’il a subi dans sa tente au cours du démantèlement du camp de Gdeim Izik : une tente trop petite laisse-t-on entendre pour y accomplir un viol !!
 
Car telle est l’autre dimension caricaturale de ce procès : l’instrumentalisation des familles des victimes marocaines. Le tribunal militaire, pour rappel, n’acceptait pas de parties civiles. Les familles avaient donc été abandonnées en 2013 à leur deuil difficile : le nom de leur fils ou de leur frère mort n’avait même pas été prononcé, aucune autopsie de leur corps n’avait été faite à la recherche de la cause réelle du décès, et l’on dit même que les dépouilles leur avaient été rendues dans des cercueils plombés…
 
Il fallait, pour les autorités marocaines, tâcher de réparer afin de satisfaire une opinion publique intérieure déstabilisée.
 
Quoi de plus simple que de remettre l’accusation sur le dos de ceux déjà condamnés, dont le procès a pourtant été cassé, et qui devraient, à ce titre, bénéficier pleinement de la présomption d’innocence ?
Des ténors du barreau marocain, membres des principaux partis politiques, sont engagés pour au contraire les accabler de tous les soupçons.
La séance du 13 mars commence d’ailleurs par la projection d’un film, un montage non signé et commenté en français – tiens donc ! – qui montre des agressions de forces de police et de gendarmerie marocaines par des Sahraouis. Sauf qu’on n’y reconnaît aucun des accusés du procès !!
Ce film ne peut être versé comme pièce à conviction, mais bien sûr, il a servi à créer l’émotion.
 
Tout va de pair, y compris l’intervention d’avocats français du côté de l’accusation qui, tels Yves Repiquet, ancien bâtonnier de Paris, et l’avocat Emmanuel Tawil, se réjouissent du fait que la justice marocaine « en autorisant les familles à se porter parties civiles, leur permet d’avoir accès à un procès équitable. » Ils ajoutent qu’il leur paraît « indigne d’utiliser ce procès comme une arène politique. »
 
C’est là que le bât blesse pour les autorités marocaines et pour ceux qui les servent.
Car les accusés ne sont pas des criminels de droit commun mais des militants politiques, qui défendent le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, un droit inaliénable selon la Charte des Nations Unies…
Et ils le font savoir, habillés de leur draa traditionnelle, chantant en chœur des chants militants à leur entrée et à leur sortie avec les Sahraouis de la salle.
 
Ils ont décidé de ne pas répondre aux questions des avocats marocains qui les traitent de meurtriers. L’un d’eux, Mohammed Lamine Haddi, condamné à 25 ans en 2013, a fait sensation en se scotchant les lèvres pour signifier son refus de répondre.
Un autre, Taki El Machdoufi, libéré en 2013 après une condamnation à seulement 2 ans et ½ (le temps de sa préventive), n’hésite pas, avec beaucoup de courage puisqu’il a peut-être sa liberté à perdre, à déclarer : « Nous appartenons à un peuple paisible, qui n’aspire qu’à la paix. Le problème, c’est le système colonial imposé au Sahara occidental. » Il a déchaîné la colère du président, qui s’est mis à taper frénétiquement sur le micro selon les témoins…
 
La dimension politique n’est en effet pas évacuable : le Sahara occidental est un territoire occupé illégalement par le Maroc depuis 1975 ; aucun pays au monde n’a reconnu la souveraineté marocaine sur ce territoire, et l’Union européenne doit, depuis la décision de la Cour de justice de l’UE du 21 décembre 2016, revoir tous les contrats commerciaux qui la lient au Maroc s’ils s’étendent au Sahara occidental reconnu par elle comme juridiquement distinct du territoire du royaume.
 
Le procès des militants de Gdeim Izik n’est pas fini. Le Maroc saura certainement faire traîner en longueur, brouiller les pistes. Mais à force, l’iniquité du procès crèvera les yeux.
M.P

Posted in Uncategorized | Leave a comment

#France: Rassemblement à Paris en solidarité avec les prisonniers politiques sahraouis 

  
Najem Sidi, président du CARASO lors de son intervention
Une dizaine de personnes, associations, militants ou simples citoyens se sont rassemblés place de la république à Paris le même jour du procès des prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim izik qu prend lieu à la cour d’appel de Salé, Maroc, le 13 Mars dernier. 
“Liberté aux prisonniers politiques sahraouis” clame ces manifestants et ainsi lit-on sur la grande banderole affichée avec des photos de ces prisonniers sahraouis. 

Après avoir sondé des slogans dénonçant le régime monarchique de Rabat et la complicité de la France dans cette aventure coloniale, les manifestants, en majorité des militants associatifs, ont tenu des discours dont lesquels ils mettent en cause l’occupation qui encore perdure au Sahara Occidental.

  
Najem Sidi et Nicole Gasnier de l’association AARASD

“Le procès en cours contre les prisonniers politiques sahraouis de Gdeim izik est inéquitable vu la particularité de la situation de ces prisonniers politiques” se révolte Najem Sidi, président du CARASO “Le Sahara Occidental est un territoire non-autonome est la convention de Genève est applicable dans telle circonstance, et puis, ces prisonniers sont des défenseurs des droits de l’homme. Ce procès n’est qu’une représaille contre leur activisme pacifique. C’est l’occupation marocaine du Sahara Occidental et le génocide et les crimes qu’elle a engendré qu’il faut mettre en procès. Ces prisonniers payent le prix de la liberté au peuple sahraoui”

  
Il y’a lieu de rappeler que ces prisonniers politiques sahraouis ont été incarcérés pendant les événements du 8 Novembre 2010 où des affrontements se sont tenus à El Aaiun, la capitale du Sahara Occidental et qui ont opposé des manifestants sahraouis aux forces de l’occupation marocaine, après que ces dernières eurent démantelé violemment le campement de « protestation » de Gdeim izik, situé à 12 km de la ville.

 

Posted in Uncategorized | Leave a comment